Désir et besoin dans La couleur de l'argent

Le désir et le besoin d'un personnage

À un niveau psychologique, le désir et le besoin d’un personnage constituent deux moteurs différents permettant le mouvement.

En général, désir et besoin ne correspondent pas et peuvent même être contradictoires. Ainsi, un personnage s’engageant dans une cause humanitaire (désir affiché) le fera peut-être non pas pour aider les autres plutôt que par besoin de se prouver qu’il peut être utile à quelque chose, comblant ainsi un vide existentiel, et même par le biais de ses actions qu’on lui attribue d’exceptionnelles qualités humaines. Le but affiché qui semblait altruiste se révèle alors être purement égocentrique.

Un récit intéressera généralement davantage le public si le besoin, davantage que le désir, se heurte à l’objectif recherché. Et d’un point de vue psychologique si le désir (conscient) est en contraction avec le besoin (inconscient).

Il est important de travailler le scénario de telle manière que le désir soit connu du personnage. C’est celui qui est annoncé au premier acte et qui sert de moteur narratif. En revanche, le besoin que le personnage ignore, ne lui sera révélé que progressivement, idéalement à la fin du récit lorsqu’il doit opérer à un choix radical l’amenant à se transformer. C’est également à ce moment que le public en prendra conscience.

De façon générale, l’opposition ou à tout le moins le frottement entre désir et besoin doit déboucher sur un choix à réaliser par le protagoniste.

Ce dilemme entre désir et besoin est dramatiquement intéressant, car le personnage doit choisir entre ce qui était conscient et ce qui était inconscient, entre le connu et le caché.

La différence entre désir et besoin est particulièrement claire lorsque dans le récit, le personnage réalise que son désir est chimérique, qu’il est un leurre, une illusion.

Au moment du climax, le personnage doit avoir conscience des deux options ne pas avoir d’autre alternative que d’emprunter la voie de l’une ou de l’autre.

Il va de soi que la résultante du choix est importante puisque soit le personnage passe le cap et se métamorphose, soit il revient au point de départ, en plus mauvais état même puisqu’il va payer sa lâcheté. En ça cas, on a un happy-end ou non.

Lors de la conception du personnage, il est crucial de réfléchir à cette différence entre désir et besoin. Cela vous permet d’enrichir la psychologie. Bien sûr, certain genres peuvent faire l’impasse sur cette dimension, mais si vous désirez réaliser un final particulièrement riche, il est préférable d’organiser le développement dramatique et donc l’arc transformationnel du personnage autour de cette question.

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